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30/11/2015
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Projet ValPlast : mieux comprendre les Combustibles Solides de Récupération (CSR)

Débuté en janvier 2014, le projet ValPlast (valorisation alternative des plastiques sous forme de Combustibles Solides de Récupération) livre ses conclusions.

Soutenu par Eco-Emballages et l’ADEME et piloté par VALORPLAST ainsi que ses partenaires industriels, le projet ValPlast a consisté à réaliser des essais de préparation de CSR à partir de divers refus de tri avec deux buts précis :

– qualifier la composition des lots des refus entrants,

– obtenir, en fin de process industriel, des CSR conformes aux demandes des utilisateurs finaux comme les cimenteries, fours à chaux ou encore chaudières industrielles.

L’objectif de ce projet est également de mesurer la faisabilité technique de la valorisation des déchets ménagers non recyclés dans une filière CSR française dans des conditions économiques pérennes.

Les conclusions du projet ValPlast éclairent 5 grands points :

  • l’existence de gisements disponibles

Les refus globaux des centres de tri (hors fines) et des unités de surtri sont composés majoritairement de matières valorisables sous forme de CSR. Avec ce niveau de qualité, ces refus peuvent en effet être traités par la majorité des préparateurs de CSR. Ces derniers ont par ailleurs préconisé de limiter la part des « indésirables » dans les flux de refus comme les déchets organiques, le verre, etc…

Le projet a également permis de déterminer que le coût de traitement du refus varie entre 55 et 85 euros/tonne en fonction de la qualité des refus de tri.

Enfin, pour optimiser les coûts de transport et de stockage des refus de tri, il s’avère pertinent de les conditionner sous forme de balles avant envoi vers les préparateurs.

  • les besoins spécifiques des utilisateurs de CSR

Les différents  cahiers des charges des principaux utilisateurs de CSR ont pu être déterminés grâce au projet ValPlast. Les cimentiers et chaufourniers ont ainsi besoin de CSR de haute qualité alors que les chaudières industrielles peuvent consommer des CSR de qualité plus basse. L’impératif pour tous les utilisateurs est de parvenir à recevoir un CSR de qualité constante dans le temps.

  • les contraintes des préparateurs de CSR

Le niveau d’exigence des cahiers des charges des principaux utilisateurs de CSR est très élevé. Ainsi, le projet a mis en lumière que pour garantir une qualité de CSR qui leur soit conforme, cela nécessite un vrai savoir-faire technique.

  • le bilan environnemental de la valorisation des refus de tri sous forme de CSR

Lors du projet, 3 impacts environnementaux ont été étudiés :

– la consommation d’énergie primaire,

– la contribution à l’effet de serre,

– l’épuisement des ressources non renouvelables.

Pour ces 3 impacts, la valorisation des refus sous forme de CSR présente un bilan nettement plus favorable que la gestion conventionnelle des refus.

Des bénéfices environnementaux supplémentaires ont été constatés :

– lors de leur utilisation, les CSR se substituent à d’autres combustibles (charbon, coke, lignite…)

– lorsque la ligne de préparation est équipée pour pouvoir récupérer des matériaux valorisables tels que les ferreux, non ferreux, les plastiques, les fibreux, etc…

  • le bilan économique de cette démarche

La ligne de préparation modélisée dans cette étude (extraction des matières valorisables et production de CSR) présente certes un coût de traitement plus élevé. Cependant, celui-ci semble être compensé par les bénéfices économiques suivants : recettes des matières recyclables, valeur potentiellement positive du CSR et meilleur bilan matière.

Toutefois, la qualité des CSR, sa valeur d’achat par les utilisateurs et les coûts de transports vers l’utilisateur final sont autant de paramètres qui influencent fortement le bilan économique de cette démarche de valorisation énergétique.